L’ouverture de 2026 a réglé la grande question, celle de savoir si un étranger pouvait enfin devenir propriétaire en Arabie Saoudite. Elle en a aussitôt posé une autre, plus terre à terre et tout aussi décisive : combien cela coûte réellement. Entre le prix affiché d’un bien et la somme finalement engagée s’intercalent des taxes, des démarches et des règles qu’il vaut mieux connaître avant de s’engager. Cet article les met à plat, à partir des règles officielles en vigueur. L’idée est simple : que vous sachiez, avant même de visiter, ce que représente un achat de bout en bout.

Les deux prélèvements que vous payez à l’achat

Le premier est la taxe sur les transactions immobilières, la RETT. Instaurée en 2020, elle s’élève à 5 % de la valeur du bien et s’applique à toutes les cessions, que l’acheteur soit saoudien ou étranger. Le second est propre aux acquéreurs non saoudiens : un droit supplémentaire, prélevé lors d’un achat dans les zones ouvertes à la propriété étrangère.

C’est sur ce second point que circulait le plus de confusion. La loi autorise que ce droit atteigne 5 %, ce qui a laissé craindre, un temps, une facture fiscale de 10 %. Dans les faits, il est plus léger. Selon la REGA, l’autorité publique saoudienne chargée de l’immobilier, qui l’a précisé le 8 juillet 2026, ce droit est fixé à 2 % dans les zones désignées de Riyad, Djeddah, La Mecque et Médine. Un étranger qui achète dans l’une de ces zones paie donc, au titre des taxes, environ 7 % : 5 % de RETT et 2 % de droit non saoudien.

Un exemple permet de mieux visualiser les coûts. Pour un appartement affiché à 1 500 000 riyals (environ 340 000 €) :

  • RETT (5 %) : 75 000 riyals (environ 17 000 €)
  • Droit d’acquisition pour un acheteur non saoudien (2 %) : 30 000 riyals (environ 6 800 €)

Au total, cela représente 105 000 riyals de taxes (environ 23 800 €), soit 7 % du prix du bien. Ces frais sont à prendre en compte dès le début d’un projet, car ils augmentent le budget global sans modifier le prix d’achat du bien.

À noter que ce droit supplémentaire s’applique uniquement dans les zones ouvertes aux investisseurs étrangers. Selon la REGA, il vise à préserver l’équilibre du marché local tout en permettant une ouverture maîtrisée aux investisseurs internationaux.

L’enregistrement, une démarche devenue numérique

La propriété se sécurise par l’inscription au registre immobilier. L’Arabie Saoudite a bâti pour cela une plateforme officielle dédiée aux acquéreurs étrangers, appelée Saudi Properties et gérée par la REGA, sur laquelle se déposent la demande et les pièces, et par laquelle le droit de propriété est reconnu. C’est ce passage qui transforme un accord en titre opposable, et c’est lui qui compte.

Le cadre est ouvert à un large éventail d’acquéreurs, des particuliers résidents ou non-résidents aux sociétés, ce que détaille notre article sur ce que change la loi de 2026. Il est aussi assorti de garde-fous sérieux : une information trompeuse ou une acquisition en violation des règles expose à une amende pouvant atteindre 5 % de la valeur du bien, plafonnée à dix millions de riyals, et dans les cas les plus graves à une vente forcée. Autrement dit, la transparence n’est pas une option de confort, elle est la condition d’un titre solide. Deux repères restent enfin à garder en tête. Les zones ouvertes à la propriété étrangère sont délimitées précisément, ville par ville, à Riyad comme à Djeddah, et la liste officielle fait foi. Et la propriété à La Mecque et à Médine obéit à un régime distinct, réservé aux personnes physiques musulmanes, un fait juridique posé par la loi.

La résidence premium, quand l’achat ouvre un droit au séjour

Pour une partie des acheteurs, l’immobilier n’est pas seulement un placement, il est aussi une porte vers une présence durable dans le pays. L’Arabie Saoudite le permet par sa résidence premium. La voie immobilière suppose de détenir un bien résidentiel d’une valeur d’au moins 4 000 000 de riyals, soit près d’un million d’euros au cours actuel.

Trois conditions encadrent cette voie et méritent d’être connues avant de s’engager. Le bien doit être résidentiel et achevé, pas un terrain ni un projet encore sur plan. Il doit être détenu sans hypothèque, entièrement payé. Et sa valeur doit être établie par un évaluateur agréé par TAQEEM, l’autorité saoudienne de l’évaluation. Cette résidence n’est pas, à proprement parler, permanente : elle est liée au maintien de la propriété et se renouvelle tant que la condition tient. Elle n’est pas non plus l’unique chemin vers la résidence premium, puisqu’il existe une formule à durée illimitée, ouverte par une redevance unique et sans condition de bien. La voie immobilière a simplement le mérite d’adosser le droit au séjour à un actif tangible que l’on maîtrise.

Questions fréquentes sur les frais d’achat en Arabie Saoudite

Un non-résident paie-t-il plus de taxes qu’un résident ?

Non. La RETT de 5 % et le droit non saoudien de 2 % ne dépendent pas du statut de résidence. Ce que la résidence change, c’est l’étendue de ce que l’on peut détenir et où, pas le taux des taxes à l’achat.

Une fois propriétaire, y a-t-il des taxes annuelles à payer ?

Un logement détenu et occupé ne supporte pas d’impôt foncier annuel classique. Deux régimes distincts existent en revanche : les terrains non bâtis sont soumis à une taxe spécifique, et une redevance peut viser les biens laissés vacants. Pour un bien résidentiel, l’essentiel du coût se concentre donc à l’achat, comme détaillé plus haut.

Ces taux peuvent-ils encore évoluer ?

Oui, et c’est important. Le règlement d’application n’a été finalisé qu’à l’été 2026. Les zones ouvertes et les montants sont fixés par la REGA et peuvent être ajustés. Les chiffres de cet article sont à jour à la mi-juillet 2026 ; avant tout engagement, la référence reste le portail officiel et un conseil actualisé.

Et à La Mecque et à Médine ?

La propriété y est réservée aux personnes physiques musulmanes et relève de dispositions particulières. Le cadre des taxes s’applique à l’intérieur des zones désignées, comme ailleurs, mais l’accès y répond à cette règle propre.

Un cadre récent, que nous suivons de près

Il faut le dire avec honnêteté : ce cadre est neuf. La loi est entrée en vigueur au début de 2026, son règlement d’application n’a été arrêté qu’à l’été, et certaines modalités, à commencer par les zones ouvertes et les montants exacts, sont encore susceptibles d’être précisées. Nous avons fait le choix de ne publier que des chiffres vérifiés à leur source officielle, datés, et de mettre cet article à jour à mesure que la réglementation se stabilise. Nous suivons ce dossier de très près, presque au fil des annonces, et nous étudions chaque situation au cas par cas, car un montant valable en règle générale peut connaître des nuances selon la ville, la zone ou la nature du bien. En cas de doute, la bonne réponse n’est jamais une estimation approximative, c’est une vérification.

Acheter au juste prix, avec Maison RMC

Connaître le cadre, c’est déjà acheter mieux. Cela évite les mauvaises surprises, cela permet de comparer deux biens à budget réel plutôt qu’à prix affiché, et cela protège d’une précipitation que ce marché neuf peut inspirer. Notre rôle est là : mettre les chiffres sur la table, vérifier la zone et le titre, négocier ce qui peut l’être, et n’avancer que sur des dossiers propres. Nous restons sélectifs, à Riyad comme à Djeddah, parce qu’un bon achat se juge sur la durée et non sur l’élan du moment.

Pour situer cet achat dans l’ensemble du marché, nous rassemblons le cadre, les villes et la méthode sur notre page dédiée à l’investissement en Arabie Saoudite, et notre guide complet réunit l’essentiel au même endroit. Un conseiller peut aussi répondre à votre situation précise.

À jour au 16 juillet 2026. La réglementation saoudienne sur la propriété étrangère est récente et évolue ; nous mettons cet article à jour au fil des précisions officielles. Les montants sont à confirmer au portail officiel et avec un conseil adapté au moment de l’achat.